Le 99 ou « cent moins n’un » montée de la Grand’Côte
Le personnage de la Mère Cottivet a connu un succès très important à Lyon

Photo des archives de la Société des Amis de Lyon et de Guignol[1]
C’était dans cette allée[1] qu’Elie PérigotFouquier (1891-1971), créateur du personnage de la Mère Cottivet[2], avait l’habitude de la faire évoluer, selon son imagination, de 1927 à 1971.

Ce comédien publia des chroniques dans le journal satirique « Guignol », dirigé par Joanny Lorge[3].
Ces publications devinrent des sketchs radiodiffusés ou publics, qu’Élie Périgot Fouquier interprétait à l’époque chaque mercredi, sur Radio Lyon[1], sans hésiter à se grimer pour mieux entrer dans la peau de son héroïne. La Mère Cottivet commentait, de façon humoristique, les scènes de la vie quotidienne, l’actualité lyonnaise, nationale, voire internationale.
Cette pipelette, la Benoîte Cottivet, vieille canuse[1] pleine d’ème[2] et à l’humour très aiguisé, avait été imaginée en 1923, au théâtre de l'Horloge[3], dans la revue « Tout simplement ». Elle deviendra « la Mère Cottivet », concierge du 99 ou « cent moins n’un » montée de la Grand Côte. Personnage haut en couleur de la société lyonnaise, elle commence traditionnellement sa chronique hebdomadaire par cette phrase : « En descendant montez donc, vous verrez le petit comme il est grand ».
Brasserie et théâtre de l’Horloge, carte postale, fonds Chomarat, BmL
Tout se détrancane9 ! Revue fantaisiste, 1906.
Collection Martin Pénet

Elle débobine son patrigot[1], en utilisant avec beaucoup d’aisance le parler lyonnais, chaque mercredi, sur la TSF[2] : elle décrit et commente des événements qui se déroulent dans son allée, à Lyon, sur le territoire national ou à l’étranger. Elle adore transformer les mots pour pimenter son propos : par exemple, elle dit « verturinaire » pour vétérinaire, « Bloum-Bloum » pour Léon Blum, « à promiscuité » pour à proximité, « ça pillule » pour ça pullule, « cent moins n’un » au lieu de 99, « et céleri et célera » pour etc etc… Puis elle termine toujours en disant : « à mercredi que vint[3] mes belins belines[4] ».
Le parler lyonnais n’est pas un patois. C’est une langue bien vivante issue du franco-provençal et qui fait partie de notre patrimoine immatériel. Au fil du temps, des mots techniques utilisés par les tisseurs sur soie ont enrichi ce parler : par exemple déponteler, c'est-à-dire enlever les ponteaux qui retiennent le variement des métiers à tisser, s’emploie au sens de démolir, décliner, rire. Des mots du théâtre de Guignol
Radio Lyon : le 22 décembre 1921, la toute première émission de radio pour le grand public est diffusée grâce à l’émetteur de la Tour Eiffel. À Lyon, une radio d’État voit le jour en 1922-1923 : « Lyon-La Doua ». Puis c’est au tour d’une radio privée en 1925 : « Radio-Lyon ». Au programme