La mère COTTIVET

La mère COTTIVET

LA MERE COTTIVET

le mot cotivet (écrit aussi cottivet), qui a été relevé dans le Lyonnais, le Beaujolais, le Forez et le Roannais, signifie « nuque » ou « cou ». Si aujourd’hui il n’est plus beaucoup entendu dans les rues de Lyon, c’est un phénomène récent, car Nizier du Puitspelu indique qu’à son époque il est employé par tout le monde. 

Cotivet reste cependant en vogue dans les cercles de Guignol. Cette situation s’explique par le succès qu’ont connu les émissions radiophoniques de la mère Cottivet qui ont été diffusées sur Radio-Lyon de 1927 à 1971.

La mère Cottivet, personnage de fiction créé et interprété par Elie Périgot-Fouquier (1891-1971), était une concierge lyonnaise et une commère à la langue bien pendue qui, dans son parler lyonnais truculent, commentait l’actualité. Cotivet vient, par l’intermédiaire du substrat dialectal, du grec kotte « nuque ». Par Jean-Baptiste Martin

 

Les soixante quinze ans de la mère Cottivet - Archive INA

La mere cottivet 1924

Le 99 ou « cent moins n’un » montée de la Grand’Côte

Le personnage de la Mère Cottivet a connu un succès très important à Lyon   

Mere cottivet 1

Photo des archives de la Société des Amis de Lyon et de Guignol[1]

C’était dans cette allée[1] qu’Elie PérigotFouquier (1891-1971), créateur du personnage de la Mère Cottivet[2], avait l’habitude de la faire évoluer, selon son imagination, de 1927 à 1971. 

Mere cottivet 2

 

Ce comédien publia des chroniques dans le journal satirique « Guignol », dirigé par Joanny Lorge[3].

 

 

Ces publications devinrent des sketchs radiodiffusés ou publics, qu’Élie Périgot Fouquier interprétait à l’époque chaque mercredi, sur Radio Lyon[1], sans hésiter à se grimer pour mieux entrer dans la peau de son héroïne. La Mère Cottivet commentait, de façon humoristique, les scènes de la vie quotidienne, l’actualité lyonnaise, nationale, voire internationale.Mere cottivet 3​​​​​​​ Cette pipelette, la Benoîte Cottivet, vieille canuse[1] pleine d’ème[2] et à l’humour très aiguisé, avait été imaginée en 1923, au théâtre de l'Horloge[3], dans la revue « Tout simplement ». Elle deviendra « la Mère Cottivet », concierge du 99 ou « cent moins n’un » montée de la Grand Côte. Personnage haut en couleur de la société lyonnaise, elle commence traditionnellement sa chronique hebdomadaire par cette phrase : « En descendant montez donc, vous verrez le petit comme il est grand ». 

Mere cottivet 4  Brasserie et théâtre de l’Horloge, carte postale, fonds Chomarat, BmL

Tout se détrancane9 ! Revue fantaisiste, 1906.

Collection Martin Pénet 

 

Mere cottivet 5

Elle débobine son patrigot[1], en utilisant avec beaucoup d’aisance le parler lyonnais, chaque mercredi, sur la TSF[2] : elle décrit et commente des événements qui se déroulent dans son allée, à Lyon, sur le territoire national ou à l’étranger. Elle adore transformer les mots pour pimenter son propos : par exemple, elle dit « verturinaire » pour vétérinaire, « Bloum-Bloum » pour Léon Blum, « à promiscuité » pour à proximité, « ça pillule » pour ça pullule, « cent moins n’un » au lieu de 99, « et céleri et célera » pour etc etc…  Puis elle termine toujours en disant : « à mercredi que vint[3] mes belins belines[4] ».

 

Le parler lyonnais n’est pas un patois. C’est une langue bien vivante issue du franco-provençal et qui fait partie de notre patrimoine immatériel. Au fil du temps, des mots techniques utilisés par les tisseurs sur soie ont enrichi ce parler : par exemple déponteler, c'est-à-dire enlever les ponteaux qui retiennent le variement des métiers à tisser, s’emploie au sens de démolir, décliner, rire. Des mots du théâtre de Guignol

: des informations, des bulletins météorologiques, des reportages, de la musique d’orchestre, des chroniques (dont celles de la Mère Cottivet), du théâtre (dont des pièces de Guignol données par le Théâtre du Passage de l’Argue)

 

                                                                        Commission patrimoine du 1er arrondissement         

[1] Guignol : marionnette créée vers 1808, par Laurent Mourguet (1769-1844)

[1] Allée : couloir d’immeuble à Lyon

[1] Cottivet : le cotivet avec un seul t, c’est le cou, la nuque.

[1] Joanny Lorge : dans l’esprit du Journal de Guignol, publié en avril 1865 par Jean-Eugène Labaume, libraire, Victor Lorge (1861-1920) fonda le journal satirique Guignol. Avec son fils Joanny Lorge (1884-1964), ils firent vivre cet esprit satirique initié par Laurent Mourguet et très apprécié des tisseurs sur soie.

[1] Radio Lyon : le 22 décembre 1921, la toute première émission de radio pour le grand public est diffusée grâce à l’émetteur de la Tour Eiffel. À Lyon, une radio d’État voit le jour en 1922-1923 : « Lyon-La Doua ». Puis c’est au tour d’une radio privée en 1925 : « Radio-Lyon ». Au programme

 

[1] Guignol : marionnette créée vers 1808, par Laurent Mourguet (1769-1844)                                    1

[1] Canuse : épouse du canut, tisseur sur soie

[1] L’ème : l’intelligence, le jugement, en parler lyonnais

[1] Théâtre de l’Horloge : ce théâtre se trouvait 145 cours Lafayette, Lyon 6e. Créé en 1859, il fonctionna jusqu’en 1973. On y donnait des concerts, des opérettes. Le music-hall et les variétés sont très appréciés, les revues étant le grand succès de l’Horloge. Le Théâtre de Guignol y est aussi accueilli. À partir de 1954, des films y sont projetés. 9 Détrancaner : détraquer, en parler lyonnais

[1] Débobiner son patrigot : faire un discours, discourir

[1] TSF : Télégraphie Sans Fil, ancêtre de la radiodiffusion, inventée en 1895, par l’italien G. Marconi

[1] À mercredi que vint : à mercredi qui vient

[1] Mes belins belines : mes agneaux

                                                                        Commission patrimoine du 1er arrondissement                                               2


[1] Débobiner son patrigot : faire un discours, discourir

[2] TSF : Télégraphie Sans Fil, ancêtre de la radiodiffusion, inventée en 1895, par l’italien G. Marconi

[3] À mercredi que vint : à mercredi qui vient

[4] Mes belins belines : mes agneaux

                                                                        Commission patrimoine du 1er arrondissement                                               2

[1] Canuse : épouse du canut, tisseur sur soie

[2] L’ème : l’intelligence, le jugement, en parler lyonnais

[3] Théâtre de l’Horloge : ce théâtre se trouvait 145 cours Lafayette, Lyon 6e. Créé en 1859, il fonctionna jusqu’en 1973. On y donnait des concerts, des opérettes. Le music-hall et les variétés sont très appréciés, les revues étant le grand succès de l’Horloge. Le Théâtre de Guignol y est aussi accueilli. À partir de 1954, des films y sont projetés. 9 Détrancaner : détraquer, en parler lyonnais


[1] Radio Lyon : le 22 décembre 1921, la toute première émission de radio pour le grand public est diffusée grâce à l’émetteur de la Tour Eiffel. À Lyon, une radio d’État voit le jour en 1922-1923 : « Lyon-La Doua ». Puis c’est au tour d’une radio privée en 1925 : « Radio-Lyon ». Au programme : des informations, des bulletins météorologiques, des reportages, de la musique d’orchestre, des chroniques (dont celles de la Mère Cottivet), du théâtre (dont des pièces de Guignol données par le Théâtre du Passage de l’Argue)

 

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