Par Eliane Vernet
Conférence du 7 octobre 2023.
La ville de Lyon offre la particularité d’être traversée par un fleuve et une rivière. De tous temps les riverains et les voyageurs ont cherché à les franchir, mais cela ne fût pas chose aisée ! Un Rhône impétueux et large, une Saône indolente mais sujette à des crues brutales ne se traversent pas si facilement.
Éliane Vernet, amoureuse de sa ville, curieuse de son histoire, nous a offert une conférence captivante, largement documentée et illustrée. Nous avons cheminé sur les quais et les bas ports, passant d’un pont à l’autre, écoutant avec attention les commentaires sur toutes les constructions réalisées au fil du temps, tout en découvrant au fil de l’eau les nombreuses modifications apportées à la plupart de ces ouvrages. Après des débuts en bois, ils connaîtront la pierre, puis évolueront avec la Révolution Industrielle vers la fonte, l’acier et le béton.
L’histoire nous rapporte que l’empereur Gratien fut assassiné le 25 août 383 sur un pont à Lugdunum. De celui-ci, bien sûr, nous n’en savons pas davantage !
Les Lyonnais attendront 1050 pour assister au début de la construction d’un pont en bois enjambant la Saône, plus ou moins à l’emplacement du pont du Change, ou pont de Pierre, que nombre d’entre nous ont connu. Ce dernier est consacré par le Pape Innocent II en 1070 et cet ouvrage restera le seul sur la Saône jusqu’en 1637. 193 mètres de long sur 6 de large, 9 arches dont une seule utilisable pour la navigation en raison des rochers : “l’arche de la mort qui trompe”, ainsi nommée en raison de fréquents accidents.
Sur le Rhône, bien plus difficile à franchir, il aura fallu attendre 1180 pour passer d’une rive à l’autre, à hauteur de l’actuel pont de l’Université, par un pont de bois, qui s’est écroulé lors du passage des troupes de Richard Cœur de Lion, en route pour les croisades.
En 1335 un deuxième pont en bois prend appui au débouché de la rue de la Barre pour terminer sa trajectoire 500 mètres et 50 piles plus loin, sur une place située à la pointe de la Grande rue de la Guillotière. En 1339, la pierre remplace le bois et l’ouvrage est doté de deux tours avec portes et pont-levis. Il résistera pendant des siècles, connaîtra de nombreux aménagements et ne disparaîtra qu’en 1953 sous les pics des démolisseurs et les coups de dynamite, tant il était résistant, afin de permettre à un nouveau pont, bien plus large, d’assurer le passage des piétons et des véhicules en cette deuxième moitié du XXe siècle.

Pont du Change en 1840 - 1ère photo de Lyon (Daguerréotype)
Voilà pour les plus anciens ponts lyonnais. Ensuite notre conférencière nous fera l’inventaire, avec force détails, de l’ensemble des ouvrages qui durant neuf siècles seront construits ou reconstruits sur nos deux cours d’eau, pas moins de 88 ponts ou passerelles de 1050 à nos jours, 32 sur la Saône et 56 sur le Rhône, pour n’en offrir finalement “que” 32 au Lyonnais d’aujourd’hui, 17 sur la Saône et 15 sur le Rhône.
Merci à Éliane Vernet, notre fidèle sociétaire, Vice-Présidente de l’association « Sauvegarde et Embellissement de Lyon » pour son excellente conférence. Chacun d’entre nous est reparti très satisfait pour regagner paisiblement son domicile en empruntant en toute connaissance de cause le pont qui s’imposait ….
Plus généralement, Il nous reste à vous souhaiter d’excellentes traversées du Rhône ou de la Saône, avec les Amis de Lyon et de Guignol, quel qu’en soit l’endroit ou la saison.