Notre parsident, Gérard Truchet, est le premier à prendre la parole.
Il commence par l’évocation de la vie de Laurent Mourguet et souligne le soutien indéfectible de son épouse Jeanne Esterle qui lui donna dix enfants. Il précise « Jeanne fait totalement confiance à son époux ; elle l’aime et l’admire par-dessus tout ; alors, quand il lui propose de tenter sa chance en devenant marchand ambulant, elle accepte sans aucune hésitation. »
Pour attirer la clientèle « Laurent Mourguet utilise Polichinelle puis, s’apercevant que cette marionnette a fait son temps, il crée 2 marionnettes au caractère et à l’esprit bien lyonnais, Guignol et Gnafron» et c’est un franc succès.
« Guignol est généreux, débrouillard, lutte contre l’injustice, défend le petit et, si nécessaire, utilise sa tavelle. Guignol a la répartie prompte, parfois piquante. Guignol paraît parfois naïf alors qu’il est seulement malicieux et intelligent. » Cette marionnette « a connu les rois, les empereurs, les présidents, a vécu les guerres, les révolutions, les révoltes et s’est émerveillée devant toutes les inventions » et, deux siècles plus tard, elle est toujours là, pour notre plus grand bonheur. C’est pourquoi « nous nous devons de la défendre et de la servir avec beaucoup de conviction. »
Il présente ensuite les quatre loyaux serviteurs de Guignol qui sont honorés et dont les noms furent récemment gravés sur le monument.
Marius Streble (1912-1997). À 17 ans, il crée la troupe La Tavelle de Lyon. Il joue de nombreuses années au théâtre Guignol du quai Saint-Antoine, dirigé par la famille Neichthauser, puis à celui de la rue Carrand. « Dans ces merveilleux théâtres, il anime d’une vivacité d’esprit et de corps sans égal, Guignol, à tel point que le marionnettiste et sa marionnette ne font qu’un. Nous saluons ici la présence de son fils, Daniel qui, avec son épouse et ses filles dirige avec bonheur, à la Croix-Rousse, le théâtre Guignol, un gone de Lyon. »
Guy-Michel Férard (1929-2005) a surtout brillé dans le rôle de Gnafron, tant au théâtre du quai Saint-Antoine qu’à la rue Carrand. Fondateur de la Troupe du Gros Caillou, il a écrit de nombreuses pièces et revues et fait connaître Guignol au-delà de nos frontières, notamment en Russie et au Gabon.
Hélène Mercier (1912-2013) fille d’Ernest Neichthauser. Marionnettiste et soprano, elle assure les rôles chantés dans les parodies. À la mort de son père, elle et sa sœur Jeanne prennent la direction du théâtre Guignol de la rue Carrand.
Jean-Guy Mourguet (1929-2012) arrière-arrière-arrière-petit-fils de Laurent Mourguet. Ses grands parents et parents sont marionnettistes. « Petit, on le pose dans son berceau à l’arrière du castelet, quai Saint-Antoine ; il ne peut qu’à son tour embrasser la carrière de marionnettiste.» Passionné de théâtre et de chant, à 23 ans il prend la direction du théâtre Guignol Josserand-Mourguet que lui cède sa grand-mère. Fondateur du théâtre Le Petit Bouif, rue Saint-Georges, il prend en 1982 la direction du nouveau Guignol de Lyon, rue Carrand. Enfin, retiré à Brindas, il crée une troupe Les Gones à Mourguet, et lègue à la commune de Brindas toute sa collection.Celle-ci sera mise en valeur dans un musée créé par la communauté de communes du Vallon Lyonnais et inauguré en 2008.
Mais bien d’autres marionnettistes ont animé nos chères têtes de bois. Gérard Truchet cite : Jean Clerc, Andrée Burtin, Jean Lagier, André Béard, Claude Magnard, Jean-Paul Philibert, Edmée Filloux, Roger Charnoux, Gilbert Pavaly ; plus près de nous, Yvonne Moritz, Armand Pelletier et Jean-Paul Tabey.
Pour terminer, Gérard Truchet clame haut et fort : « Vive Laurent Mourguet, vive Guignol ! »