Jules Petitjean naît le 14 avril 1885 à Lyon et réside 12 quai Saint Vincent. Il suit ses études au Petit Séminaire Saint-Jean avec Joseph Lavarenne son ami. Très intéréssé par notre marionnette lyonnaise (Son père Joannès avait façonné un castelet pour jouer Guignol le dimanche en famille ou avec des amis), il écrit avec talent, soit seul ou avec son père sous le nom de Bistanclaque père et fils des pièces de Guignol : Guignol boursicotier, le seau d'équevilles, et diverses parodies d'operettes et de pièces de théâtre comme Cyrano de tramassac. Avant la guerre de 1914, il crée un petit atelier de façonnage de cuir et son savoir-faire lui permet d'équiper en courroies de cuir, la ficelle de Fourvière, mais la crise de 1929, le fait changer d'orientation et il entre dans l'équipe dirigeante qui vient de fonder les Assurances Sociales de Lyon qui seront intégrées en 1945 à la Sécurité Sociale. Son poste de sous-directeur sera dès lors jalonné d'embûches. Heureusement les Amis de Guignol seront sa consolation.
En 1913, il avait été avec son père dans l'équipe fondatrice de la société et était devenu en 1924 secrétaire général, succédant à Jean Vermorel. Ses comptes-rendus d'activités, savoureux et parsemés de mots lyonnais, atteignent la perfection. C'est un régal que de l'entendre commenter les manifestations, les engagements, les créations qui se sont succédées tout au long de l'année écoulée. Le comité publiera ses comptes rendus intégralement soit dans l'Almanach, soit dans le bulletin trimestriel. En 1950 il est nommé vice-président. Malgré la fierté de cette distinction, il garde un peu d'amertume de son petit tampon en caoutchouc où il est mentionné : le secrétaire général. Il déclare alors : " Eh ! oui, c'est ce petit bout de chose avec lequel pendant plus de 25 années, j'ai tamponné des cuchons de procès-verbaux, desinvitations, les registres de la sociét... Alors, les gones, à cause qu'on m'a monté d'un échelon, parce que, soi-disant, ça me revenait de droit, j'ai du un peu à contre-coeur, accepter cet honneur... et ce cher petit tampon, et bien j'ai du comme bien s'entend le transmettre à mon successeur mon bon ami Paul Charmet..."
A la fin des années soixante, l'âge aidant et l'association périclitant, il abandonne le bureau des Amis de Lyon et Guignol mais restera sur décision du comité, vice-président honoraire. Il meurt le 13 janvier 1974 à l'Hôtel des Invalides rue Commandant Charcot plus connu aujourd'hui sous le nom de Pierre Garaud. Son deuxième fils Bernard, toujours fidèle sociétaire de notre société est guide bénévole à la Basilique de Fourvière.