Les montées de la colline de Fourvière et leur histoire

04 janvier 2020 

Madame Simone Wiss, docteur ès-lettres et historienne de l’un des plus beaux quartiers de Lyon, le cintième arrondissement, vient nous parler de l’histoire des montées de la colline de Fourvière (montée Saint-Barthélémy, montée du Chemin-Neuf, montée de Choulans, montée des Épies).

Même si les changements d’affectation des bâtiments conventuels (relatif à une communauté religieuse à un couvent) implantés avant ou après la Révolution furent nombreux, ils restent pour la plupart dans la sphère du religieux, ou du moins abritent des activités en accord avec le charisme des anciens occupants.

Les trois montées qui partent l’une de Saint-Paul, l’autre de la limite du Vieux-Lyon et la troisième de Saint-Jean, convergent vers les Minimes et l’Antiquaille. 

Les montées de la colline de Fourvière

 

Conférence du 4 janvier 2020 par Simone Wiss

 

Madame Simone Wiss, docteur ès-lettres et historienne de l’un des plus beaux quartiers de Lyon, le cintième arrondissement vient nous parler de l’histoire des trois montées de la colline de Fourvière et leur histoire.            

Même si les changements d’affectation des bâtiments conventuels (relatif à une communauté religieuse à un couvent) implantés avant ou après la Révolution, furent nombreux, ils restent pour la plupart dans la sphère du religieux, ou du moins abritent des activités en accord avec le charisme des anciens occupants.              

Les trois montées qui partent l’une de Saint-Paul, l’autre de la limite du Vieux-Lyon et la troisième de Saint-Jean, convergent vers les Minimes et l’Antiquaille.

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Bas de la Montée Saint-Barthélemy, plan scénographique de 1550

 

La   montée Saint-Barthélemy 

Elle est avec la montée du Chemin-Neuf, une des deux voies principales de communication entre le Vieux-Lyon et la colline de Fourvière. D'origine gallo-romaine : elle était la principale voie permettant de relier la haute ville de Lugdunum et Condate. Ponce-Pilate y serait né en 20 avant    Jésus Christ. C'est une rue en forte pente avec une altitude de départ à 175 m et une arrivée à 270 m qui compte un dénivelé de 95 mètres et une pente de 12,6 %. Elle débute par un court tronçon vers l'ouest, entre la gare Saint-Paul et autrefois la ficelle qui y avait été implantée en 1900 (il serait question de remettre cette ficelle en service pour désengorger celle de Saint-Jean !).

Elle monte ensuite jusqu'à la place où Pierre Sala avait fait construire au début du XVIe siècle une maison dite de l'Antiquaille qui sera intégrée au couvent des Visitandines et deviendra en 1872 l'Hôpital de l'Antiquaille.   

Après les recluseries, petits édifices clos situés en abord d’une agglomération ou annexés à un édifice religieux, où vivait un reclus ou une recluse, de nombreuses congrégations religieuses établissent des maisons dans la montée Saint Barthélemy.  

Citons quelques exemples : En 1623, l'ordre des Frères mineurs récollets fonde un couvent (transformé en 1988 en habitations) dans la maison de Belle-Grève acheté pour eux par Marie de Médicis. En 1673, les prêtres de Saint Lazare établissent une maison et une chapelle dans ce qui deviendra le groupe scolaire des Lazaristes.             

En 1822, Pauline Jaricot acheta au n°42 la maison appelée auparavant « de la Bréda », construite vers 1520 par Pierre Burbenon, riche propriétaire lyonnais. Elle en fit la maison de la propagation de la foi. Cette maison appartient depuis 1975 à l’œuvre pontificale missionnaire qui poursuit l'action de Pauline Jaricot. Le 9 mai 1837 s'établit au bas de la voie l'école des pères maristes, dans la maison dite « Puylata », qui, après les aménagements nécessaires, devint la maison-mère de la congrégation. En 1940, les Frères des écoles chrétiennes implantent montée Saint Barthélemy l'École catholique des arts et métiers (ÉCAM), qui y est toujours située. Vers la fin du 20e siècle, la rue qui avait une vocation essentiellement d'enseignement tenu par les congrégations religieuses, a connu une vague de rénovation en vue de logements individuels et hôteliers. Notamment La villa Florentine, un hôtel de luxe avec restaurant assorti, qui dispose de terrasses et de jardins et d'une grande ouverture aux n°27 et 29.

 

Le Chemin -neuf 

C'est aussi une rue en forte pente : avec une altitude de départ à 175 m et une arrivée à 248 m, elle compte un dénivelé de 69 mètres, ce qui correspond à une pente de 11,5 %. Il fait la liaison entre le Vieux Lyon et Saint Just. Il commence en prolongement de la rue de la Bombarde à la jonction de la rue du Bœuf et de la rue Tramassac. Il fait un coude et grimpe raide en direction du sud pour se terminer place des Minimes après laquelle il est prolongé par la rue des Farges.    

L’histoire locale a gardé la trace de l’ordonnance consulaire du 31 mars 1562 qui en décidait la construction. Au 18e siècle, plusieurs loges maçonniques avaient leur temple au 33 dans la maison Renon. Dans la nuit du 12 au 13 novembre 1930, tout un pan de la colline s’effondra en deux temps sur les maisons situées en bas de la rue et dans la rue Tramassac. Cette zone n’a jamais été reconstruite, c’est le jardin qui se trouve en dessous de la Fontaine qui a été aménagé après la catastrophe dans les années 1960.

Au 51, une plaque incite à se souvenir de Bernard Guy, tué par la milice le 18 février 1944 en tentant de s’évader. Au 49, la communauté du Chemin Neuf est une communauté religieuse qui a repris les locaux des Prêtres de la mission. Ils voisinent aussi l’institution Marie Thérèse, congrégation fondée en 1824, les bâtiments actuels ayant été construits en 1875.

 

La Montée du Gourguillon

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Montée du  Gourguillon et Beauregard - 1550

 

De la place de la Trinité au « Vieux Lyon » à la rue des Farges à « Saint Just », la montée du Gourguillon a une longueur de 400 mètres pour un dénivelé de 53 mètres, ce qui représente une pente d'un peu plus de 13,25 % en moyenne. La rue est entièrement pavée et sans trottoir du bas jusqu'à son intersection avec la montée des Épies. Elle passe aussi par la place Beauregard. C'est un cheminement naturel qui est devenu la montée principale vers Saint Just et Fourvière durant tout le moyen âge.

En 1218, les frères prêcheurs sont venus s'installer au Gourguillon, à la Madeleine avant de descendre aux Jacobins.

En 1269, la limite de Lyon et de Saint Just se situait en haut du Gourguillon où se trouvaient les portes de la ville. Le 14 novembre 1305, le pape Clément V qui venait d'être couronné pape en l'église Saint Just emprunta le Gourguillon en compagnie du roi Philippe le Bel et d'un grandiose cortège. Un mur sur lequel était montée la foule des curieux s'effondra, blessant le pape qui y perdit sa tiare et une escarboucle d'une valeur inestimable. Le grenat n'a jamais été retrouvé ! Le frère du pape, le duc de Bretagne et dix autres proches moururent dans cet effondrement.          

Au 16e siècle, les soeurs Trinitaires se sont installées au n°2, les Clarisses y avaient aussi une maison. Le monastère du Verbe incarné s'est installé en 1655 à la place de la recluserie de la Madeleine, la terrasse avait été remblayée au 17e siècle. Armand Calliat était orfèvre dans le Gourguillon, dans le monastère du Verbe Incarné aussi qui avait été transformé en école et utilisé par la chambre des notaires au 19e siècle. Le Gourguillon a inspiré l'Académie du Gourguillon, extrêmement active au 19e siècle, sa fille spirituelle, l'Académie des pierres plantées a publié le livre d'angle de toutes les bibliothèques lyonnaises : la plaisante sagesse lyonnaise de Catherin Bugnard. Le café-théâtre la maison de Guignol est tout en bas.

 

Michel Grange

 

 

Lyon palais de justice et coteau de fourviere cp martel