Sorties d'été

Le Mastrou - Train de l'Ardèche - 5 juin 2016

Un mouvement social inopiné du funiculaire et des métros aurait pu compromettre le minutage précis de ce début de journée pour atteindre Tournon, où nous devons prendre le train de l’Ardèche pour un voyage historique dans les gorges du Doux, qui doit nous conduire à Lamastre.
C’est méconnaître le caractère bien démenet des Amis de Guignol qui sont parvenus en place Bellecour, avec moins de dix minutes de retard pour les plus éloignés. 

Le ciel bien chargé de nuages lourds depuis l’aube se range de notre côté et nous offre de belles éclaircies pendant le trajet des cars qui nous conduisent à Tournon-St-Jean à l’heure prévue. Ravis de savoir que la journée sera belle et lumineuse, nous prenons le temps de nous installer dans les wagons panoramiques découverts mis à notre disposition après avoir admiré sur le quai notre locomotive à vapeur en cours de chauffe et fait un tour au petit musée où nous pouvons monter dans la voiture salon de 1902 réservée au préfet, puis voir la draisine campagne et la chaudière Mallet 403 de 1903 (trois pièces classées monuments historiques). 

Le départ donné, notre train sifflant et crachant sa fumée emprunte la voie ferrée sinueuse pour un parcours de 28 km qui se déroule sur la partie pittoresque la plus encaissée des gorges du Doux, l’affluent de la rive droite du Rhône. Nous commençons par la « Culée du grand Pont » où l’arche d’une portée de 48 mètres est la plus grande au monde qui subsiste depuis le Moyen-Âge avant de poursuivre par le viaduc de Troye et sous le tunnel de Mordane long de 265 mètres où nous sommes un peu enfumés.

Ensuite nous apercevons le barrage de Clauzel et le canal des Allemands. La vitesse lente nous permet d’apprécier pleinement la diversité des paysages. Arrivée à la Gare de Colombier-le-Vieux/St-Barthélémy-le-Plain, notre loco nous quitte. Elle rejoint un pont tournant pour se raccrocher au train qui nous suivait et arrive à nos côtés quelques minutes plus tard. Nous récupérons la loco diesel. Il y a même une petite micheline qui vient stationner derrière le train qui doit repartir pour Tournon. C’est l’affluence ! 

Entre Colombier et Boucieu, un tronçon moins sinueux, nous observons de nombreux pâturages et surtout des châtaigneraies qui constituaient la  matière première de l’alimentation des autrefois puisque le pain était fait avec la farine de châtaigne, fruit très énergétique et riche en fibres et  consommable en accompagnement de plats chauds, et en desserts...

Nous atteignons la gare de Boucieu-le-Roi et comme nous n’avons plus la loco vapeur, nous ne nous arrêtons pas pour faire le plein d’eau. Après être passés devant la Halte d’Arlebosc, nous franchissons les viaducs du Garnier et du Blanchet avant de rejoindre avec une vitesse un peu plus rapide le Plat et le Pont des Soupirs puis nous voilà devant un panneau qui nous signale que nous traversons le 45ème  parallèle soit à mi-distance entre le pôle Nord et l’Equateur. Enfin, vers les midi nous voici arrivés à destination à la Gare de Lamastre. 

Une bien chenuse promenade qui a charmé les fenottes et les gones à en juger par leurs sourires à la descente du train. Nous rejoignons le Restaurant des Négociants où notre déjeuner nous attend. 
Comme il se doit, notre apéritif est un kir à la châtaigne. Le menu est composé en partie de produits du terroir, avec entre autres, la caillette et en dessert une succulente coupe ardéchoise sans compter un petit vin de pays. Un repas savoureux et copieux.

Comme de bien s’accorde, notre président nous offre une joyeuse intervention, chaleureuse et haute en couleur de nos amis Guignol et Gnafron. Il nous ravit en fin de repas avec quelques chansons reprises en chœur par tous les convives et termine par l’Emilienne, la chanson « de gestes » tragi-comique, polissonne et jubilatoire que nous plébiscitons à chaque occasion.

Michel Grange

Grésy sur Isère le 7 juin 2015

Connaissiez-vous l’Ecomusée de la Combe de Savoie à Grésy sur Isère ? Sans doute pas.

Un lieu passionnant que 160 personnes de notre association ont découvert lors de notre sortie d’été annuelle. Situé à flanc de coteaux, au cœur de la Combe de Savoie, un village d’autrefois a été reconstitué de toute pièce par un homme passionné qui ne voulait pas voir disparaître des métiers et des objets utilisés dans la vie de tous les jours des siècles derniers. Tout au long d’un circuit pédestre de 350 mètres couvert et pavé, une vingtaine de bâtiments abritent près de 7000 pièces : objets, meubles ou outils, utilisés et patinés par les habitants de la région au cours des derniers siècles.
Ce qui est admirable c’est que cet homme aidé par son fils et par une association de bénévoles a construit sans aide et « à cha peu » un ensemble de près de 5000 m2 couverts. Grâce aux droits d’entrée payés annuellement par environ 12 000 visiteurs il redonne vie à tous ces objets récupérés ou donnés par des personnes soucieuses de la conservation d’un certain patrimoine. Et ce n’est pas fini car il a encore pleins de projets. 

A notre arrivée nous sommes accueillis par plusieurs guides autour d’un café accompagné de viennoiseries pour nous réconforter avant la forte montée pour accéder au site. La visite commence par l’école du XXème siècle avec ses tables pupitres, les cartes et panneaux éducatifs aux murs sans oublier l’estrade de l’instituteur et son bureau avec l’encrier et le porte-plume ‘’sergent-major’’, les bons points et ‘’images’’ qui récompensent l’élève au comportement exemplaire ou celui qui a une bonne note.
Suivent différentes échoppes comme celle du boulanger, du cordonnier (que n’aurait pas renié notre ami Gnafron), du matelassier, de l’horloger, du charron ou du forgeron. Toutes sont équipées avec du matériel et des outils d’époque, familiers pour de nombreux sociétaires qui les ont vu lorsqu’ils étaient enfants chez leurs grands-parents voire leurs arrière-grands-parents. Un rappel émouvant ! 

Un bâtiment retrace l’évolution du téléphone, de la TSF, du phonographe ou des balances. Un petit détour par le lavoir avec toutes sortes de lessiveuses et de machines à laver. En fermant les yeux, nous pouvons imaginer  le bruit des battoirs et les cancans des lavandières. Une pièce ’’au bonheur des dames’’ avec de nombreuses poupées en costumes d’époque, des vêtements des autrefois et un corset sur son mannequin déclenchent de nombreux commentaires amusés chez les fenottes comme la visite de quelques espaces dédiés à la couture, au repassage et aux premières  machines à tricoter. 
Une rétrospective du matériel de la ferme, vieux tracteurs, bétaillères et même un ancien alambic nous rappellent les dures journées des paysans de l’époque. Puis viennent le musée des sapeurs pompiers et le matériel lié à la vigne : pressoirs et tonneaux de cave. 
La visite se termine par une présentation de l’évolution de la maison à travers quatre pièces en enfilade meublées, chacune représentant un siècle du XVIIème au XXème siècle. Il est intéressant de voir le confort s’installer peu à peu dans les habitations.

Au milieu du parcours une  dégustation de produits locaux  nous a permis de mieux supporter la chaleur ambiante extérieure. De retour à l’accueil vers 13h, le traiteur nous apporte le repas campagnard prévu ce qui nous permet de déguster entre autres une fricassée de cayons et un vacherin framboise avec coulis de génépi le tout arrosé d’un vieux cépage de Savoie : la mondeuse. Comme de bien s’accorde, Guignol nous accompagne dans nos agapes par l’intermédiaire de notre  président pour un hommage à monsieur Chabot le créateur de l’Ecomusée et notamment avec une chanson sur les roses de Lyon. Nous avons tous apprécié l’accueil chaleureux qui nous a été réservé tout au long de cette journée mémorable.

Bernard Gindre

Les Caves de la Chartreuses le 15 juin 2014

Notre sortie d’été nous a permis de visiter les Caves de la Chartreuse à Voiron. Elle a rencontré un vif succès puisque 190 personnes ont  répondu à l’appel.

Chaque année la distillerie accueille 150.000 visiteurs. 
Sous la conduite de plusieurs guides, nous sommes d’abord descendus admirer les caves où sont entreposés 19 cuves ainsi que les foudres qui stockent le fameux élixir fabriqué par les pères Chartreux. Qui a inventé la liqueur de chartreuse ? On ne le sait pas vraiment. Sans doute un alchimiste du 16ème siècle qui connaissait parfaitement les vertus des plantes et qui arriva habilement à combiner 130 d’entre elles pour créer un premier élixir dont la formulation a été inscrite sur un manuscrit..En 1605, le maréchal d’Estrées, compagnon d’Henri IV, a fait don aux chartreux de Vauvert, près de Paris, du manuscrit original où s’alignent les noms des 130 plantes médicinales et aromatiques qui composent l’élixir. Ce document restera dans l’oubli jusqu’en 1737,  année où le frère Jérôme Maubec réussit la première fabrication de « l’élixir Végétal de Grande Chartreuse ».

Ensuite c’est en 1764 que fut réalisée la liqueur de chartreuse verte dont on fête cette année les 250 ans. Enfin en 1838 la chartreuse jaune développée comme une version plus douce de la liqueur fut commercialisée. Aujourd’hui, la formule de ces trois produits de base reste toujours tenue secrète et elle s’est vue confiée à seulement trois frères de la congrégation qui en assurent la fabrication. La liqueur est ensuite vieillie de nombreuses années en foudres de chêne dans la plus grande cave à liqueurs du monde. Leur commercialisation permet à la communauté de vivre et de continuer à prier dans leur monastère à quelques kilomètres de là. 

Après une telle visite, une dégustation s’imposait. Elle nous a été offerte dans une salle aux grands vitraux où l’on pu goûter l’une des douze variétés de produits proposés à la vente. Nous terminons la visite en nous rendant au premier étage consacré à une exposition très riche et fort intéressante sur « l’odyssée de la Chartreuse ». Nous avons aussi visualisé un film en 3 D qui nous a fait découvrir par une reconstitution en costumes l’histoire et les travaux des Chartreux de la création de l’ordre en 1084 à nos jours.

Après cette visite, trois cars nous ont emmenés au restaurant l’Escale, à la Véronnière près du lac de Paladru par des routes étroites où nous avons pu apprécier la dextérité de nos chauffeurs surtout quand il a fallu négocier un tournant en épingle à cheveux ! Rassemblés dans une grande salle   magnifiquement décorée, nous avons pu, après le discours d’accueil du Président, déguster un saucisson brioché, une blanquette de veau à l’ancienne et un entremet framboisé. Un menu personnalisé par une illustration de Guignol à la pêche nous souhaitait un bon appétit. Comme de bien s’accorde, au cours du repas, Guignol et Gnafron nous ont commenté l’actualité et notre Président nous a fait profiter de ses talents de chanteur. Après ces agapes, hélas le temps nous a manqué pour nous bambaner au bord du lac de Paladru. C’était déjà l’heure pour nos trois cars de nous  ramener Place Bellecour.

Bernard Gindre

Une croisière sur le Rhône le 16 juin 2013

Pour souligner le centenaire de notre association, notre sortie d’été nous a emmenés en croisière sur le Rhône. Hélas, nous avons été victimes de notre succès : 240 gones et fenottes se sont inscrits mais seuls les 150 premiers ont pu y participer ; nous ne pouvions pas dépasser la capacité d’accueil du restaurant. Dommage !  

A 8h pétante, nos deux bateaux « Elle et Lui » sont arrivés au débarcadère de la passerelle du Palais de Justice. Le beau temps étant avec nous, c’est donc avec émotion et avec le  soleil que nous avons pris place sur les deux bateaux. Nous avons vu d’abord défiler les quais de Saône et leurs immeubles roses, l’église Saint-Georges puis le nouveau quartier de la Confluence et ses deux gros bâtiments l’un orange et l’autre vert avant d’atteindre l’énorme carcasse du futur musée La Confluence en construction.

Passés le confluent, nous avons admiré des jouteurs à l’entraînement puis le futur pont Raymond Barre et sa haute structure en arc de cercle, qui depuis a été transporté à son emplacement en septembre entre la presqu’île et Gerland. Après avoir dépassé le port Edouard Herriot, croisé quelques grosses péniches, nous avons emprunté le canal pour atteindre l’énorme écluse de Pierre-Bénite. C’est très impressionnant de se voir enfermé, même pour une courte durée, entre deux hauts murs et descendre d’une dizaine de mètres. 

Après avoir rejoint le cours naturel du Rhône, nous nous sommes  laissés bercer par les flots, admirant la beauté des rives du fleuve et  appréciant notre tranquillité par rapport à la circulation intense de l’autoroute située à gauche, au-dessus de nous. Après deux heures de croisière, nous avons atteint le débarcadère de Saint-Romain en Gal pour une  visite, en deux parties, du site Gallo-Romain : le Musée et le Site Archéologique. 

Tout d’abord, le musée nous permet de découvrir le cadre de vie au IIe siècle. Des maquettes de Vienne nous montrent l’artisanat, le commerce, le port, l’importance économique de la ville et le rôle essentiel du fleuve comme moyen de transport. Des mosaïques, des peintures et des maquettes de maisons restituent l’habitat de l’époque qui fait preuve d’un certain confort dont l’eau courante ! Ensuite, dans la partie extérieure, le site archéologique correspond à un quartier de la ville romaine avec ses rues pavées bordées d’échoppes d’artisans, de boutiques, d’entrepôts ou de demeures à péristyle construites par de riches commerçants sans oublier les thermes. 

Après cette intéressante visite, le restaurant « La Table de César » attenant au musée, nous a permis de nous reposer et surtout de nous retrouver autour d’une bonne table. Face au Rhône et à la ville de Vienne nous avons pu nous restaurer et entre deux plats, entendre et apprécier notre président dans le rôle de Guignol. Nous avons terminé bien sûr en chansons notamment par celle du Rhône et de la Saône, ce qui était de circonstance. 

Bernard Gindre