Les cours - témoignages, contenus

Saison 2016/2017

Cette année, nous avons étudié les mots et expressions relatifs à quelques thèmes comme :

L’argent. En parler lyonnais, ce mot est du genre féminin d’où l’expression « l’argent est ronde c’est pour qu’elle roule et si elle est plate, c’est pour qu’elle s’empile ». Si cache-maille signifie tirelire, c’est aussi parce que la maille était la plus minime des monnaies, la moitié d’un denier, la vingt-quatrième partie d’un sou et il fallait six mailles pour faire un liard...

Boire et la boisson. Les contenants comme pot, cenpote, feuillette... Les liquides comme blanche, paradis, riquiqui... Ce qui concerne le boire : buvanvin, chopinaison, pied-humide...

La cuisine. Lyon étant capitale de la gastronomie, cette partie a été très copieuse et les spécialités lyonnaises comme les expressions et les mots sont aussi savoureux qu’amusants ; par exemple, un clergeon c’est un jeune clerc et c’est aussi une petite salade quand elle n’a encore que ses premières feuilles. C’est une métaphore pour comparer une jeune laitue et une laitue adulte et pommée avec un jeune clerc et un curé bedonnant...

Les défauts. Chaque mot donne lieu, ici aussi, à des échanges croustillants entre Gérard Truchet, Jean-Baptiste Martin et les élèves. Ce qui confirme que s’enrichir n’empêche pas la joyeuseté.

Dans le cadre de l’opération des « dis-moi dix mots »,  point d’orgue de la semaine de la langue française et de la francophonie,  cette année encore, nous prenons à notre compte cet exercice linguistique et bien sympatique en choisissant dix mots lyonnais ou expressions étudiés cette saison.
Les textes doivent donc comporter : cache-maille - rapiamus - pied-humide - buvanvin -   cenpote - déprofiter - mondures - platelée - bucler - j’ai du monde à    manger
Pendant plus d’une demi-heure, les fenottes et les gones qui ont souhaité écrire une petite historiette en font profiter l’assemblée, déclenchant rires et sourires. Avec dix mots, il y a de quoi écrire des histoires originales teintées de cet humour lyonnais dont Charles Exbrayat disait :
« Il met de l’ironie dans le sérieux afin de le rendre plus aimable ». Il rajoutait : « Pour se manifester, l’humour lyonnais a besoin des petites rues sombres où passent des silhouettes furtives et pressées de dames, anxieuses de    retrouver le foyer conjugal où mijote le plat dont leurs imaginations ménagères hument à l’avance la roborative senteur et où d’autres sont en quête du gone qui leur paiera le canon de beaujolais ou de mâcon-village. Il ressemble à la mousse du champagne, pétillante et éphémère ».
Voici un exemple de ces textes, prit au hasard.

Songe d’une fenotte gourmande

Aujourd’hui il fait beau, j’aime me bambaner le long du Rhône. Je fais une pause au pied-humide de mon copain le Claude. C’est un buvanvin   patenté mais comment résister à la tentation en brassant tant de cenpotes de morgon. Là, je me mets à rêver que j’ai du monde à manger ce dimanche. Comme je ne suis pas rapiamus, je vais faire un petit cayon bien buclé et je vais éplucher, éplucher des cardons ; je les ferai à la moelle, c’est super. J’aurai un bon cuchon de mondures et ce sont mes pillotes qui seront contentes.  Quel beau rêve ! Je sens l’odeur, quel délice ! Mais oui cela sent bon ; c’est le Claude qui vient de mettre sous mon nez une platelée de bugnes toute fraîches et un canon de morgon. Je ne rêve plus, je me régale en vrai. Je n’aurai pas à déprofiter ma cache-maille; Je n’aurai personne à manger ce dimanche, mais tant pis, la vie est belle !

Comme chaque année, la remise des diplômes que les récipiendaires viennent chercher donne lieu à un mot gentil ou une petite pointe d’ironie malicieuse toujours délicate et souriante. La photo de classe des nouveaux promus vient, comme il se doit, clore cette joyeuse cérémonie toujours aussi bon enfant. Il ne fait aucun doute que l’an prochain les cours seront suivis par de nombreux multi-redoublants.

Cliquez sur la photo, c'est plus beau

Diplômes 2017

Saison 2015/2016 par Fabulgone

La 18ème saison des cours de parler lyonnais débute comme de bien s’accorde un samedi. Nous sommes le 24 octobre 2015. Fenottes, gones et enseignants font rapidement connaissance avec leur nouvelle salle, moderne et lumineuse, un amphithéâtre situé au centre du rez-de-chaussée de la Faculté Catholique de la place Carnot. 
Cette nouvelle année ne démérite pas des précédentes et confirme son attrait avec pas moins de 172 inscrits dont 28 nouveaux. L’ambiance est toujours conviviale et chaleureuse pour partie, grâce à la partition offerte par le binôme constitué de Jean-Baptiste Martin, linguiste émérite et de notre président Gérard Truchet. 
Tout est réglé minutieusement comme du papier à musique, une organisation efficiente qui repose sur la complicité et la complémentarité de nos deux animateurs. Tout d’abord, Gérard propose un mot avec sa traduction, Jean-Baptiste complète en nous expliquant son origine, latine, grecque, gauloise ou germanique ainsi que son évolution ce qui nous éclaire sur le caractère bien vivant d’une langue et le fait qu’il n’y a pas d’antagonisme entre la langue officielle et les parlers régionaux.
Le tout constitue la richesse d’un patrimoine qu’il convient de défendre, conserver et protéger. Il ne s’agit donc pas de substituer le parler lyonnais à la langue française usuelle, mais bien de garder une trace de notre histoire.
Toutes les études montrent que les personnes qui pratiquent leur parler régional, sont de bons ambassadeurs du français officiel. Outre l’interactivité des deux animateurs, Gérard Truchet et Jean-Baptiste Martin agrémentent leurs propos d’une pointe d’humour parfois polissonne mais jamais grivoise qui fixe encore plus dans notre mémoire, les mots ou expressions  apprises. C’est sans nul doute ce qui dynamise les cours et ravit chacun de nous. 

Cette année comme l’an passé, le cours de février se termine avec le challenge de réaliser pour mars un petit texte comprenant dix mots déjà appris en cours. Il s’agit bien sûr de s’aligner sur la semaine des « dis-moi dix mots » de la langue française et de la francophonie. Les dix mots cette année sont : patrigot, bavardage - barboton, ragoût de mouton - gabouiller,  patauger, barboter - quincher, pousser des cris aigus - ablager, accabler de sottises - caton, grumeau - à regonfle, en quantité - être en balan, se balancer d’un pied sur l’autre, être hésitant - de collagne, ensemble - bachassée, grande quantité de nourriture. 
Parmi les nombreux textes remis, tous sont de bonne facture. Le choix s’avère difficile. Lesquels retranscrire ici ? En voici trois, pris au hasard :

Les bienfaits du barboton

Son Augustin étant parti
Pointer les boules à Tabareau
Glaudia décida ce jeudi
De se mettre devant son fourneau.
Elle avait tout ce qu’il fallait
Pour préparer un barboton
Laurier, ail, oignon, serpolet
Pommes de terre et, bien sûr, mouton.
Mais quand à quatorze heures passées
Après avoir été Fanny
De trois boulistes accompagné,
L’homme en arrivant entendit :
Où donc avez-vous gabouillé ?
Que ma cuisine est sale, pas posse !
Je vais devoir recommencer
À lui donner un coup de panosse.
Glaudia arrête de quincher,
De nous ablager de sottises !
À table il vaudrait mieux passer
Plutôt que d’entendre des gognandises.
De collagne, asseyons nous
Autour de cette bachassée.
À regonfle régalons nous
Sans patrigot, sans chipoter
Et sans être en balan nous dirons,
En nous remplissant l’embuni :
Ce bon barboton sans caton
Va nous faire oublier Fanny.

Réunion chez la Grand

C’est dimanche ! Toute la famille est réunie chez la Grand à Vénissieux. Les fenottes sont aux fourneaux et préparent le repas, chacune y allant de son patrigot.
Tout par un coup, elles sont arrêtées dans leur besogne par une quinchée poussée par l’Emile qui est en train d’ablager le gone qui vient de gabouiller son bel habit en jouant dans les flaques d’eau de la cour.
Le calme revient et les préparatifs  reprennent. Une bachassée de barboton mijote dans la cocotte en fonte et la pâte à matefaim, préparée sans caton dans le grand saladier, repose sous un torchon. Il y aura à manger à regonfle.
Le père et le fils sont en balan pour rentrer dans la cuisine ou traditionnellement on y boit de collagne le blanc limé, apéritif des grands jours.

Intempéries

Avant-hier tantôt, un fort vent de traverse nous a amené un temps bien chanin complètement mâchuré en soirée... Tout par un coup, une radée s’est déclenchée que ça a duré toute le nuit sans décesser, à regonfle, et que ça a ablagé toutes les vignes alentour. 

Le lendemain matin, le soleil est réapparu et ça n’a pas manqué : tout un cuchon de gones et de fenottes du village se sont rués dehors de collagne, et nous ont fait la pantomime toute la journée, gabouillant avec forces quinchées dans les gours et gouillats de tout partout.

À cette vue les parents des miaillons se trouvèrent bien en balan entre leur passer de suite un ratichon ou d’abord tacher moyen de décrotter leurs pantalons couverts de catons de gabouille et ce afin d’éviter les patrigots habituels des anciens.
Les gones rentrés dans leur cadole, tout trempes de chaud de leurs couaneries  réclament droits comme des bugnes une bachassée de barboton  bien chaud pour satisfaire leur estome vide. « Va d’abord te laver et à la galope » dit la Claudia à son petit Marcel non sans avoir fait peter la miaille à son chetit mottet, épuisé par ses gandoises de la journée.

Comme de bien s'accorde la saison se termine par la remise des diplômes et à voir le sourire des récipiendaires, ils témoignent que c'est bien un plaisir renouvelé de suivre chaque année cette formation.

Remise des diplomes 2016

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Saison 2014-2015 par Fabulgone

Le 4 octobre 2014, c’est dans une ambiance festive que les nouveaux étudiants et surtout les redoublants (dont certains sont assidus depuis un cuchon d'années), s’encuchonnent sur les bancs de l’amphithéâtre. Cette 17ème session est la dernière de notre présence à Ainay puisqu’à la rentrée prochaine nous irons dans les locaux de la faculté catholique en place Carnot. Comme depuis ces dernières années, c’est à guichet fermé que se déroulent les cours, confirmant l’attrait de nos sociétaires pour notre parler régional.

Le binôme entre Jean-Baptiste Martin linguiste émérite et notre président Gérard Truchet fonctionne cette saison avec la même complicité et la même complémentarité que lors des saisons précédentes. Et si le côté studieux prédomine, chacun apprécie le parfait équilibre entre sérieux et humour. Les thèmes qui sont abordés cette année concernent la maison : cambuse, cadette, galandage, l’allée, la traboule... Ses accessoires : far, cornet, charbonnier, coquelle, dubéloire, filoche, balle à linge, bardanier... Puis nous étudions la garde-robe : vagnotte, panaire, se mettre en sale ou en dimanche, bugne, chaussinettes... Ensuite nous travaillons sur les mots qui traitent de la couture : rapetasser, baigneuse, floquet, godaille...Viennent  ensuite les façons de s’exprimer : Barjacter, beurler, chougner, gognandises, quincher, piapias, rebriquer... Et enfin nous examinons les termes relatifs à l’action : abouser, appondre, à cacaboson, bassouiller, sigogner, détrancaner, écramailler, pitrogner, tiripiller...

A m vurpas et j b martinMais il n’y a pas que les mots dont vous venez d’avoir quelques échantillons qui ont rythmé nos cours. Nous avons aussi vécu quelques moments forts et plus particulièrement  le samedi 17 janvier 2015 où nous recevions Anne-Marie Vurpas, linguiste, chercheuse à l’Institut Gardette. C’est elle qui a initié avec notre président les premiers cours de parler lyonnais en 1998 et elle s’est investie pendant plus de dix ans à ses côtés avant de céder la place à Jean-Baptiste Martin. A nonante et un ans elle est venue présenter son étude sur le manuscrit de G.-F. Vincent daté de 1797, qui reprenait les mots de parler lyonnais pour en indiquer la correspondance en français. Un hommage vibrant lui fut prodigué avant qu’elle ne se plie à une longue séance de dédicaces, avec le sourire, pour son ouvrage Lyon-Naisisme.

Le 14 février, nous nous quittons après avoir noté un devoir à rendre pour le cours suivant. Gérard nous propose, à l’instar de la semaine de la langue française du 14 au 20 mars 2015 « Dis-moi dix mots », de rédiger un texte en lyonnais avec : gone, bugne, caton, abat-jour, écommuns, galandage, cadolle, traine-grolles, gognandise, cacaboson. Et comme de bien s’accorde, le cours du 15 mars débute avec la lecture de quelques textes. Tous sont inventifs, savoureux et témoignent de l’ambiance tout autant chaleureuse que studieuse qui prédomine dans l’amphithéâtre. On ne sait quel texte choisir. En voici un pris au hasard.

Dans la cadole aux abat-jour baissés, Fanny la fenotte travaille la pâte énergiquement pour éviter de faire des catons en vue de régaler son gone qui adore les bugnes. Mais Fanny a beau appeler ce traîne-grolles qui est de l’autre côté du galandage, à cacaboson aux écommuns ;   celui-ci n’entend pas et n’arrête pas de dire des gognandises.

Les diplomes 2015La saison s’achève avec la traditionnelle remise du diplôme qui témoigne de la reconnaissance de l’assiduité et engage son récipiendaire à l’utilisation de notre langue régionale à seule fin qu’elle vive par-delà les décennies. Après la photographie des gones et fenottes montés sur le tabagnon, nous nous quittons en nous donnant rendez-vous au 24 octobre prochain en place Carnot. Le parler lyonnais source de notre patrimoine ne se tarira jamais. N'oubliez pas mes belins belines de cliquer sur les photos pour mieux les "arregarder"

Saison 2013-2014 bilan

Ce samedi 17 mai 2014 une nouvelle saison s’achève toujours animée par le tandem formé de Jean-Baptiste Martin linguiste émérite, et de Gérard Truchet notre président. Leur complémentarité, n’a d’égale que leur complicité. Ils débobinent leur patrigot sur le tabagnon avec un savoureux mélange de sérieux teinté d’humour pour le plus grand plaisir d’un auditoire réceptif et studieux. De temps en temps quelques uns interviennent en donnant leurs propres anecdotes personnelles qui se rajoutent aux explications imagées et drôles de certains mots. 

Cette année, nous avons abordé des thèmes aussi différents que : les états d’âme (artet, faire la bobe, être finassu, rêvasson,…), bouger ( s’abader, à borgnon, s’ensauver, trabouler,…), les métiers et les termes s’y rapportant (les plates, bêche, modère, dégraisseur, regrettier, patti, gandou,…) ; une session a été plus spécialement consacrée comme de bien s’accorde à la canuserie. Puis nous avons étudié : « ne rien faire, se prélasser » avec des mots comme : bambane, lentibardaner, s’économiser, grolasser… Quant aux deux derniers thèmes relatifs à l’anatomie et la médecine, (cotivet, miaille, chaillottes, corgnolon, arpions, bocon, drogasser, déponteller, la vasivite, la lourde, repapilloter, aquigé, être bien fatigué, crevogner…) ils ont été particulièrement réjouissants car c’est un trait de l’humour lyonnais que de savoir rire et se moquer de ce qui est triste et douloureux. C’est un peu comme pour conjurer le mauvais sort. 

Le dernier cours a été l’occasion de saluer la présence, parmi les ‘’étudiants’’,  de Marie-Louise Garavel, notre doyenne âgée de nonante cinq ans, et de Denise Méjat qui fut en 1998 l’instigatrice des cours de parler lyonnais, proposant à Gérard Truchet leur mise en œuvre ; une aventure qui perdure depuis seize ans. 

Comme de bien s’accorde, la remise des diplômes à pas moins de trente huit récipiendaires (même si certains  n’étaient pas présents) ponctua une saison bien remplie, avec en plus, la remise du diplôme par anticipation à notre « étudiante de Tokyo » Aya Sona à qui nous souhaitons bonne chance dans la poursuite de ses études.

Un samedi à Ainay - le 11 janvier 2014

L'amphithéâtre est de nouveau comble pour ce troisième cours de la saison. Chacun reçoit la fiche des mots étudiés la session précédente, Les feuilles, les cahiers, les carnets, les dictionnaires, sont étalés sur les pupitres. Un joyeux brouhaha règne dans la salle jusqu'à ce que le Président prenne le micro, souhaite la bienvenue aux fenottes et aux gones, nous réjouissant au passage de quelques gandoises.

En première partie, Jean-Baptiste Martin notre linguiste reprend l’historique de l’évolution du français et des règles qui régissent l’orthographe. Préambule important car il nous permet de mieux appréhender l’évolution du français et des parlers régionaux qu'il s'agisse du franco-provençal ou du lyonnais. Il nous parle des difficultés entre le langage parlé et l'écrit. Nous illustrons et terminons ce préambule par une petite dictée qui reprend un mot en français, un homonyme écrit de six façons différentes :

-  Cinq moines, sains de corps et d’esprit, ceints de leur ceinture, portaient dans leur sein le seing du Saint –père.

 Après ce préambule « technique », nous reprenons l’étude de nos « mots lyonnais » sous la direction de Gérard Truchet ; le thème du jour est : les métiers. Chaque mot est suivi d'exemples imagés et souvent drôles.

Comme de bien s'accorde, après l'effort, chacun apprécie le réconfort en dégustant comme il se doit la brioche avec un canon... pour faire glisser. 

Pour en savoir plus lisez l'extrait que voici

La rentrée du 19 octobre 2013

Le Progrès dimanche 20 octobreNous nous trouvons d'entrée de jeu immergé dans le parler lyonnais avec Gérard Truchet, conversant avec savoir-faire, gourmandise et humour dans l'emploi de mots et expressions empruntés au parler lyonnais. Et pour rebondir, son comparse, Jean-Baptiste Martin, linguiste émérite,  nous fait partager sa science. Ce jour là, nous accueillons avec plaisir le retour de la jeune étudiante japonaise résidant à Tokyo, Aya Sona,laquelle poursuit son travail sur sa thèse concernant le "Francoprovençal".
L'amphithéâtre de l'Université Catholique affichait  complet avec 185 élèves présents pour ce premier jour d'une rentrée qui voit se poursuivre l'accroissement des inscrits amoureux de notre patrimoine linguistique.

Marie-Christine Parra, journaliste au Progrès est également présente laquelle dès le lendemain, nous offre un très joli article dans l'édition du dimanche.(cliquez sur l'image)

 Le 30 avril 2012

Ce jour là; une chenuse Colombe, Florence Fabre, journaliste au Progrès vint assister à notre cours. L'article repris ci-dessous reflète bien l'ambiance studieuse et joyeuse qui règne dans l'amphithéâtre:

Le Progrès (quotidien lyonnais) du 30 avril 2012   (cliquez  sur l'image)

Avec les cours de parler lyonnais, la langue de Guignol revit tous les mois !

« Mon entrée intempestive dans la grande salle de l'université catholique de Lyon, a interrompu le cours, (une vraie institution) instaurée depuis 1998 par la société des amis de Lyon et de Guignol. Une fois par mois, son « président » Gérard Truchet se transforme en professeur de ce qu'il défend avec force et conviction : le patrimoine de « Yon ». A ses côtés, Jean-Baptiste Martin, professeur émérite des universités, spécialiste des langues régionales participe à cette aventure. 

Je suis venue pour découvrir une culture qui n'est pas la mienne, curieuse de voir comment l'apprentissage se fait. Tout d'abord, je constate qu'il s'agit d'un vrai cours où la centaine de participants note et écoute. J'examine avec intérêt le duo-professoral qui fonctionne bien : Gérard dans l'humour, le ressenti et les souvenirs liés à son enfance, tandis que Jean-Baptiste, linguiste, fournit explications et étymologie des mots, en utilisant des cartes géographiques et livres de référence. Aujourd'hui, nous travaillons sur le vocabulaire culinaire, et on ne « lentibardane » pas ! A Lyon point de langue d'Oc mais du franco-provençal. 

 Gérard écrit au tableau une liste de mots qui me sont souvent inconnus : la radisse, les gaudes, le claqueret, les bugnes (à l'éperon)... Vous pouvez déguster ces dernières, mais aussi vous faire traiter de « grande bugne ! » ou voir votre voiture « bugnée » (cabossée), explique Gérard avec un cuchon d'exemples. 

 L'expression « la cervelle de canut se dit depuis septante, pas avant! », assure Gérard, qui parle aussi de « fromage blanc en salade ». Et le voilà parti dans l'explication de la recette (Voir par ailleurs). Durant ces deux heures, nos professeurs ont fait revivre cette langue riche et imagée. « Alors vous reviendrez nous voir ? », me demande le « parsident » après le cours. Oui ! Car je me suis passionnée pour cette sagesse lyonnaise, si éloignée de l'exubérance de mon sud natal...       

De la fenotte du Progrès Florence Fabre 

04 février 2012

Le succès des cours de parler lyonnais suivi par vingt-cinq étudiants en 1998 ne se dément pas, car ce sont plus de 160 étudiants assidus qui ont suivi les cours de la saison 2012-2013.

Le travail effectué par un... "étudiant" membre de la société, lors d'un samedi à Ainay, témoigne bien que les cours de parler lyonnais permettent de conserver la mémoire des autrefois et de notre culture tant sur le plan collectif qu'individuel.  Un après-midi à Ainay

Le 04 février 2012, le cours avait été suivi par une étudiante japonaise résidant à Tokyo, Aya Sona,laquelle prépare une thèse sur les "parlers régionaux".